L’arc-en-ciel de bonheur
a surgi du néant
je suis sur mon séant
et je pleure
La pluie d’étoiles filantes
baigne mon front meurtri
d’une dissymétrie
chancelante
Un frisson extatique
envahit tout mon corps
y plaquant un accord
électrique
Les momies de l’oubli
sont sur le point de mordre
et de faire valser l’ordre
établi
Cheval je t’aime
tes sabots sont bien élimés
et ta crinière est en sueur
mais tu conserves ta vigueur
Cheval je t’aime
avec mes ongles arrachés
j’arrive pour te déterrer
déjouant tous les stratagèmes
tous les stratagèmes
Vous les vierges d’acier
éprises de pouvoir
je voudrais émouvoir
vos glaciers
Je veux donner mon cœur
mais elle est si glaciale
l’aurore boréale
de ma peur
Au fracas des vipères
sur les rochers sanglants
d’un regard aveuglant
j’obtempère
Au fond des catafalques
aux parois de granit
perdu dans le zénith
papier calque
Cheval je t’aime
tu étais mon unique espoir
de voir le bout de la montagne
de toucher le mât de cocagne
Cheval je t’aime
j’irai dans tous les purgatoires
pour déchirer le voile noir
qui croule sous les anathèmes
Car j’ai bu les substances
aux vertus illicites
celles que nécessite
le silence
Les rouges amanites
issues des transhumances
dont j’ai vécu les transes
sont maudites
Si j’ai trempé ma plume
dans le sang des volcans
c’est la vie qui fout l’camp
et qui fume
Noyez-vous dans l’écume
tourbillons de cristal
je ne suis pas du métal
dont on fait les enclumes
Cheval je t’aime
tu étais mon unique espoir
de voir le bout de la montagne
de toucher le mât de cocagne
Cheval je t’aime
j’irai dans tous les purgatoires
pour déchirer le voile noir
qui croule sous les anathèmes