Bon alors il se trouve que je passe un certain temps à écrire des chansons, même si ce n’est pas mon activité principale. Les textes suivants ont été écrits à différentes dates et ne sont pas plus classés que ça, du moins pour l’instant. Les captations (quant elles existent) ont été faites lors d’un concert donné en septembre 2023 au centre culturel de Lesquin.

Voilà le texte que j’envoie aux lieux qui me programment :

Martin Granger
Chanteur engageant / Auteur composite

Martin Granger s’accompagne au piano pour chanter la lutte contre les parasites intestinaux, les grands principes de la thermodynamique, les penchants sadomasochistes, les rapports entre la mythologie chrétienne et les supermarchés, le naufrage de la vieillesse, les progrès de la médecine au far-west, l’épilation des aisselles et un tas d’autres sujets aussi graves et aussi variés, le tout grâce à une solide documentation, dans un français irréprochable, et avec des compositions qui tentent de maintenir l’auditeur en alerte. Autant dire que vous ne vous ennuierez pas.

Rien chez toi

Rien chez toi n’évoque le concombre
Rien chez toi n’évoque la limace
Pas même lorsque tu te déplaces
Les traits de bave que tu laisses dans l’ombre
Et grâce auxquels on te suit à la trace

Laissez-faire les professionnels

C’est dur de se faire une trachéotomie soi-même
C’est plus sûr de se faire la main sur son chien
C’est pas facile de devenir tueur en série
La plupart des gens s’arrêtent au chiffre un

Ce garçon dans la rue

Ce garçon dans la rue
Il a l’air trop jeune
Pour porter un t-shirt
De Joy Division

À Villequier

Souviens-toi, ce dimanche
il faisait vraiment beau
la lumière était blanche
nous ne disions pas mot.
Comme penchent les branches
du saule au bord de l’eau,
tu laissais pendre ta manche
par dessus le bord du bateau.

Pianecdotes

Avertissement : ces chansons ont été enregistrées en juin 2023 avec les moyens du bord à l’issue d’une résidence de 10 jours aux Fours à Chaux de Regnéville (Manche), à partir d’entretiens avec 191 enfants réalisés sur place. Dix-huit des vingt-trois chansons sont proposées ici.
Pauvre petit poisson / avec Elina
et Ex-voto à Saint-Gobain / avec Louis
La chaise d’Anatole / avec Dorian

SBAM ou le Carrefour infernal (poème adressé à Cécile Riou)

Tapis roulant de caoutchouc fané
où s’achemine une étrange cohorte :
citrons, tampax, café instantané,
mousse à raser, bières de toutes sortes,
et, brunissant dessous la cellophane
– c’est pour le chien ! – morceaux de vache morte.

Ce train ne peut partir…

Qu’il soit plein d’insomniaques arpentant les couloirs
ou d’éclaireurs de France aux cris enthousiasmés
de tueurs en série aiguisant leur hachoir,
ce train ne peut partir que les portes fermées.

On m’a dit de garder la chambre (rondeau redoublé)

On m’a dit de garder la chambre
J’écoute le gouvernement
Aussi je m’astique le membre
Tous les jours inlassablement
Si je sors je fais le serment
De manger des fraises en décembre
(Ou du caviar) en attendant
On m’a dit de garder la chambre

La veuve blanche

Dans sa robe virginale
Elle hante le grenier
Non ce n’est pas du Tergal
Mais de la soie d’araignée
Un noir bijou sur son sein
La retient en esclavage
De l’arthropode assassin
Elle a les gestes sauvages

Tout le monde peut se tremper / Chanson par la fenêtre

Je regarde par la fenêtre
La pluie tomber dans le jardin
La pluie me regarde peut-être
Elle et moi n’y comprenons rien
Elle et moi n’y comprenons goutte
Goutte de pluie goutte de rien
La pluie tombe coûte que coûte
du couvercle baudelairien

Le retour à la terre

je suis tout nu
comme un ange
dans la fange
un bijou
dans la boue
qui tire sa révérence
j’ai connu
la déchéance
vous m’avez
beaucoup déchu

Le tango énergétique

Peu de gens quand ils font bouillir l’eau pour le thé
Ou bien quand ils se préparent un œuf à la coque
Savent pourquoi les molécules s’entrechoquent
Ou pourquoi par la chaleur elles sont agitées
Tant que l’eau bout au fond tout le reste on s’en moque
Il y a de ces questions qu’on préfère éviter
Les sciences physiques on n’en fait plus à notre époque
Nous vivons sous le règne de l’obscurité

Vaine rengaine

Comme le poisson dans la nasse
Qui ne peut plus respirer
Comme le navire dans les glaces
Qui ne peut plus manœuvrer
Elle vous prend dans ses baleines, la gaine
Elle vous prend dans ses baleines
Elle vous serre trop fort
Comme un amant passionné
Elle épuise votre corps
Vous ne pouvez plus bouger
Elle vous étrangle l’abdomen, la gaine
Elle vous étrangle l’abdomen

C’est la gaine !

Sur vos cheveux nous versons des teintures
et sous vos pieds nous plaçons des talons
sur vos paupières on met de la peinture
et sur vos jambes on met des pantalons
Mais pour le ventre on n’avait rien trouvé
nos ingénieurs se creusaient la cervelle
quand l’un d’entre eux dit "nous sommes sauvés !"
je vous présente une invention nouvelle :

Chansons pour Jeanne Devos

Une petite série de chansons écrites pour le musée Jeanne Devos de Wormhout et chantées le 12 juin 2022. Elles sont largement inspirées du livre Jeanne Devos raconte de Jean-Pierre Grassien (éditions du Westhoek, 1987) obligeamment prêté par Anne Bruneau.

La vie est un mystère

C’est une chance
quand j’y pense
d’avoir un cerveau
et des nerfs et des os
Je me réjouis
de ma vessie
et je suis heureux
de voir avec mes yeux
Oui la vie
est un mystère
c’est pas pour autant
qu’il faut postuler
qu’il y a là-haut
un grand-père
dont le passe-temps
serait d’ nous emmerder !

Tristes gaines

Les ventres
qu’on rentre
disparaissent
et les fesses
et les culs
qu’on ne voit plus
sous le tissu
élastique
de la gaine
extensible
sans relâche
pour ne pas que
les muscles lâchent
on les compresse

Légionnaire triste

Je suis un légionnaire triste
Je parcours le désert, les pistes
Je vais de Dakar à Paris
Au volant de ma méhari
Je suis un légionnaire triste
Je marche dans les pierres, le schiste
À la recherche de mon régiment
Sans jamais le trouver c’est déprimant

Restons chez nous (rondeau de confinement)

Restons chez nous
Mais pour quoi faire
Qui peut se plaire
Seul dans son trou
Ce tour d’écrou
Est bien sévère
Restons chez nous
Mais pour quoi faire ?
On devient fou
Dans nos tanières
Dans nos chaumières
Dans nos igloos
Restons chez nous

Les éoliennes

Parfois au détour d’un chemin, on voit
Quand le paysage n’est pas trop plat
Des éoliennes dont l’axe de rotation
Se situe en dessous de l’horizon

L’encrier revanche / Ode au bousillé

Des textes de Robert Rapilly, des musiques de Martin Granger et la voix de Laetitia Gallego pour ces chansons destinées à la version augmentée d’un livre paru chez Invenit en 2018. Les textes parlent de l’encrier revanche, l’un des objets exposés au Musverre de Sars-Poterie.
Deux petits morceaux bonus

Les musées

Si les musées étaient moins tristes
on verrait derrière leurs vitrines
des palmifuges veloutés
et des véliges aux doigts crochus
des phacobroges boréales
des fricassons aux yeux de verre
empaillés pour l’éternité.

Hommage à Robert

Un beau présent musical sur les lettres R.O.B.E.R.T R.A.P.I.L.L.Y basé sur la correspondance A=la, B=si, C=do, etc. Enregistré en novembre 2003 pour l’anniversaire du dédicataire.

Chorale à vapeur

Surfeur du hasard, passe ton chemin, ici tu ne trouveras que les partitions et quelques enregistrements de la Chorale à Vapeur. Attention : apparemment il vaut mieux télécharger les PDF avant des les imprimer, sous peine de voir des caractères exotiques remplacer les notes sur la partition…
ATTENTION tous les enregistrements ne sont pas forcément à la bonne hauteur, il faut que je fasse un peu de ménage, il y a eu quelques transpositions…
PROCHAINES RÉPÉTITIONS :
– SAMEDI 12/10 à 14h À MÉTALU
– (...)

Patate chaude

Je viens de retrouver en faisant de la place dans mon ordinateur ce court instrumental que j’avais pondu vers 2010 (à quelques années près…) pour le projet "La patate chode" de Gwenael Mulsant, et dont je n’ai jamais eu de nouvelles. Dommage, j’aurais bien aimé voir le film suggéré par cette musique !

La Lutte Finale (medley)

Le vrai titre de cette chanson est « L’internationale marseillaise du chiffon rouge de la carmagnole des ouvriers partisans insurgés aux mains blanches des cerises. »
Vous pouvez entendre les Trois jeunes tambours (Antoine Defoort, Halory Goerger & Martin Granger) la chanter en 2006 lors d’une émission sur Radio Campus Lille.
J’avions reçu commandement De faire égorger tout Paris La victoire en chantant Fait saigner leurs flancs amaigris
Cependant notre sang vermeil A de son feu bronzé la (...)

Au fond du trou

Je suis le guide tout désigné Pour te parler du bassin minier Et de tous ses trésors méconnus
Mets-toi donc dans l’ambiance imagine L’intense vibration des machines Les muscles saillants la peau nue
En dessous des cités de brique Les mineurs tout comme des lombrics Passaient leur vie à faire des trous
Tout au fond d’un boyau humide Les hommes à la mine livide Finissaient par devenir fous
Rappelez-vous Zola Germinal La poussière la chaleur infernale Tout au fond des galeries mouillées
La façon (...)

Le sauvage

Sur l’air des Sauvages de Jean-Philippe Rameau.
Ce nain risible, ce nain risible
Du haut de son château gouverne sans pudeur
Liberticide, il prend pour cible
Les pauvres étrangers qui vivent dans la peur
Ce nain risible, ce nain risible
Du haut de son château gouverne sans pudeur
Liberticide, il prend pour cible
Les pauvres étrangers les gitans les chômeurs
Et nos retraites, et nos retraites
Horreur son objectif est de les supprimer
Ciel ! Ciel ! Qu’il nous maltraite
Toute la France en fait (...)

Cheval je t’aime

Comme dirait Caradec, voici une chanson qui attend sa musique. Je pencherais vers un truc sombre et torturé genre Gérard Manset, ou alors franchement musique de variété, pour instaurer un contraste rigolo.
l’arc-en-ciel de bonheur
a surgi du néant
je suis sur mon séant
et je pleure
la pluie d’étoiles filantes
baigne mon front meurtri
d’une dissymétrie
chancelante
un frisson extatique
envahit tout mon corps
y plaquant un accord
électrique
les momies de l’oubli
sont sur le point de mordre
et de (...)

Rap en baskets

Pour autant que je me souvienne, ce texte a été écrit pour un musée de la chaussure situé en Corse. Impossible de me souvenir s’ils l’ont utilisé, mais franchement ça m’étonnerait.
Si tu veux pas te retrouver dans les choux Pense à mettre ton bout de caoutchouc Non mon pote je te conseille pas de mettre Une capote sur ta quéquette Mais de bien lacer tes baskets Pour s’balader le cœur léger dans les ruelles Ou sur les pentes enneigées Y a rien de tel Pour s’immerger dans la mer Égée Et terminer les (...)

Les jardiniers de l’espace

Un projet de chanson pour le débarquement des Venus d’Ailleurs sur leur bateau Œ. Jamais mis en musique, mais l’esprit du truc était grandiloquent et zeuhl tendance second degré.
nous sommes venus sans haine pour planter la petite graine
il n’est pas de dictature quand il s’agit de boutures
l’opération marcottage n’a rien d’une prise d’otages
et plutôt qu’on s’assassine mélangeons-nous les racines
nous portons dans nos cœurs le rêve viscéral de jardiner sans peur dans l’espace intersidéral
dans notre (...)

Morale nautique

bonnet serré collet monté maillot moulant muscles saillants couloir bondé vision étroite espace obtus angle fermé moment gênant jambes tendues ongles saillants douleur aiguë où passer comment dépasser les autres nageurs j’ai une moyenne à tenir j’ai un rang esprit obtus esprit fermé esprit étroit mission remplie

Le fil de l’eau

l’eau
de l’eau
le fil de l’eau
coudre le fil de l’eau
la machine à coudre le fil de l’eau
l’inventeur de la machine à coudre le fil de l’eau
la femme de l’inventeur de la machine à coudre le fil de l’eau
la sagesse de la femme de l’inventeur de la machine à coudre le fil de l’eau
la dent de sagesse de la femme de l’inventeur de la machine à coudre le fil de l’eau
la radio de la dent de sagesse de la femme de l’inventeur de la machine à coudre le fil de l’eau
les résultats de la radio de la dent de sagesse de (...)

Électrolyse de l’eau

Pour commencer versons dans la piscine
Un gros bidon d’acide chlorhydrique
Ou à défaut du gros sel de cuisine
Pour stimuler la réaction chimique
Dans le bassin plongez les électrodes
Branchez le générateur de courant
Le voilà le moyen le plus commode
Pour dissocier de l’eau les composants
Car sous l’effet du courant électrique
Il se produit l’oxydoréduction
Nous révélant la nature oxhydrique
Du liquide au sein duquel nous nageons
Deux H2O donne O2 plus 4H plus
Quatre H deux O donnent deux H deux plus 4 (...)

Quinine de piscine

Dans le grand bassin
Pourfendant les eaux
Je trace des lignes
Vêtu d’un maillot
Qui sent fort le chlore
Si l’élément chlore
Poison assassin
Détruit mon maillot
On verra mes os
J’ai gardé la ligne
Au bout de la ligne
Je cause avec Laure
Nageant sur le dos
Ondoyant bassin
Au glabre maillot
Les flancs du maillot
Portent blanches lignes
Adidas au sein
C’est là le folklore
Des nageurs dans l’eau
Je suis bien dans l’eau
Je vois des maillots
Et des fleurs éclore
Je pêche à la ligne
Des fous de (...)

L’Oiseau mouche

Cette chanson a été écrite à partir de la page Wikipedia consacrée aux oiseaux-mouches, pour les 30 ans de la compagnie du même nom, à Roubaix.
Je voudrais chanter les louanges De la famille des trochilidés Ce sont des animaux étranges Déjà s’appeler comme ça c’est une drôle d’idée
On sait par de nombreuses études Qu’ils ne vivent qu’en Amérique À presque toutes les latitudes Même dans les zones périphériques
Ce sont des oiseaux minuscules Parfois seulement 2 centimètres Pour se reproduire ils s’en vont Se (...)

Starship troopers

Dans un futur lointain, un conflit intergalactique Oppose de gros insectes à une alliance terrestre Je tenais à vous raconter ce film en musique C’est pourquoi je me suis fait accompagner d’un ochestre
Au début du film, une grosse météorite Provenant de l’espace tombe sur Buenos Aires Sur terre c’est la panique, car la ville est détruite Alors l’alliance terrestre envoie les CRS
Je dois dire que dans cette société du futur Tu n’es rien si tu n’as pas fait ton service militaire Et pour les jeunes qui (...)

Le bal des hamsters

À l’ambassade du Mexique Il y avait un bal masqué Comme il aimait bien la musique Plimtitok voulut y aller L’ambassadeur était obèse Il suçait des rochers Suchard Et les sous-préfet de Corrèze Portait des collants léopard Le secrétaire général De la Commission Paritaire Auprès du Comité Central Était déguisé en hamster Mais l’objet de tous les regards dragueurs Celle sur qui tous les gradés Dardaient leurs yeux ardents C’était une belle renarde Et Plimtitok montait la garde En la regardant Soudain la (...)

Les perversions de la jeunesse

Mon ami, ta prose abrasive M’a mis les cheveux en bataille J’aime le son de ta salive Ma surdité n’est qu’un détail Et sous l’effet de ta morsure Ma langue a changé de couleur Mais je ne crains plus la douleur O, j’aime quand tu me tortures ! Sur ma poitrine un sécateur A laissé une cicatrice C’est pas du travail d’amateur Elle plonge jusqu’à ma matrice Et quand tu prends ta cigarette Pour dessiner sur mon visage J’ai beau crier "arrête ! arrête !" Tu continues ton (...)

Chanson de la lune

Pourquoi ce croissant dans le ciel Alors qu’il y a dix jours à peine Pendant notre lune de miel Je me souviens qu’elle était pleine La lune était pleine de miel La lune de miel était pleine La lune était mienne La lune était tienne Ma lune était dans un tunnel Et j’avais perdu mes lunettes Mais j’ai couru à perdre haleine A la lueur d’une allumette Reine des astres et des marées Tu as dû me trouver bien rustre Chez toi tout n’est qu’ordre et beauté Lustre, crabe et velouté Ta lune était un grand (...)

La B. attitude

Ce texte a été chanté pour la première fois cité Saint-Maurice à Lille-Fives le 18 août 2002.
Saint Maurice Aurait voulu être un artisse Mais s’est pris les pieds dans l’tapis Et a fini dans la police Décapité au couteau suisse Au nom du père au nom du fils Que Dieu tout puissant te bénisse Faut bien que l’histoire se finisse
Tu t’es fait couper la tête Mon maurice à moi c’est toi Mais mon dieu c’que t’as l’air bête Avec ta tête sous l’bras
Sainte Agathe Négociait les accords du Gatt Mais (...)

Beau présent pour Saint-Maurice

Ce texte a été chanté cité Saint-Maurice à Lille-Fives le 18 août 2002.
Maurice, artiste né au Caire, eut un immense succès en sa maturité. Certes marié à une institutrice, Maurice aimait à ensemencer sa maîtresse (une actrice) en catimini. Caresser sa crinière satinée, sentir ce musc entre ses seins nus, insérer ce truc entre ses reins... Maurice aimait ces étreintes sans censure.
Mais Maurice était un métis itinérant. Et en ces années anciennes, maints racistes écumaient ces terres suisses, suscitant (...)

Qu’as-tu contre les mouches ?

Qu’as-tu contre les mouches ? Un long ruban qui colle Suspendu au plafond Elles volent et s’y collent Et leurs petites pattes Font de jolis dessins Et leurs petites ailes Font un boucan d’enfer Au bout d’un certain temps Il faut changer l’ruban D’abord il n’y a plus de place Et puis c’est dégueulasse Toutes ces mouches crevées Qu’as-tu contre les mouches ? Une vieille rancoeur Qui tourmente mon coeur Car mon père et ma mère Furent mangés par des mouches Quand j’étais p’tit garçon Depuis la simple (...)

Le pape est mort

La digestion est lente et difficile Le pape est mort et l’énergie fossile La vie est douce et l’esclave docile Qui berce mon hamac en clignant des sourcils
Faites gonfler ma vessie natatoire Le pape est mort et la matière noire La vie est belle et l’esclave barbare Qui peigne mes cheveux et remplit la baignoire
Le pape est mort Il ne viendra plus faire le pitre A la fenêtre avec sa mitre
Le pape est mort Il est tout seul dans son linceul Il est tout pâle dans son linge sale
Le pape est mort Et (...)

L’huissier

Chanson composée à l’occasion du procès d’Olivier, accusé d’avoir outragé un huissier lors de l’expulsion d’un squat lillois. Armé d’un complet-cravate Ce larbin des possédants S’amuse à vider des squats Et possède encor ses dents Il connaît pas son bonheur De les avoir conservées Il faut croire que les squatters Ne sont pas des énervés Malgré tout, ce vieux pervers Prétendant qu’y a préjudice Traîne un copain en justice C’est vraiment l’monde à l’envers Un jour viendra je l’espère Où cette engeance (...)

La femme à poils

J’me souviens plus bien de tes poils pubiens Ta pilosité pourtant m’excitait Je n’accepte pas que les poils t’embêtent Qu’ce soient ceux des bras ou ceux des gambettes Si tu veux séduire ne fais pas d’histoires Cesse de t’enduire de dépilatoire Jette ton rasoir, oublie l’Oréal Moi je veux ce soir une femme à poils Tu t’épiles, je m’efface Et tranquille, le temps passe Imbécile, je me lasse Tu t’épiles, je fais face Je ne me rappelle pas l’odeur sous tes bras Je suis hermétique à tes (...)

Tous les jours

Tous les jours Un hippopotame Traverse la rivière Tous les jours Une vieille dame Couchée sur une civière Tous les jours Une fleur en plâtre Posée dans un cimetière Tous les jours Des fumées noirâtres Polluent la terre entière Tous les jours Un spéculateur Tombe du 15e étage Tous les jours Après 18 heures Le gardien nettoie les cages. En fait, dans cette chanson, J’ai voulu dresser un constat d’échec, Un jugement désabusé et désenchanté Sur ce monde qui court à sa perte. Mais avec quand même un (...)

Le vieux Jean-Pierre a une ferme

Une chanson qui dénonce les ravages de l’agriculture intensive. Comme toute chanson engagée, elle se joue à la guitare.
Le vieux Jean-Pierre a une ferme, iaiao Et dans sa ferme y a des canards, iaiao Mais ça fait pas coin-coin, il s’est fait arnaquer C’étaient des canards laqués
Le vieux Jean-Pierre a une ferme, iaiao Et dans sa ferme y a des cochons, iaiao Et ça fait du lisier, et quoi que vous disiez Il ramasse des subventions
Le vieux Jean-Pierre a une ferme, iaiao Et dans sa ferme y a du (...)

Quand mon pépé

Quand mon pépé se produisait Il fallait verrouiller les portes Car il était spécialisé Dans la musique de chambre forte Au fond de son laboratoire Une antique cave voûtée Pépé me faisait écouter De la musique de chambre noire Habillé d’un pull en mohair Pépé pédalait sur son orgue En exécutant avec morgue De la musique de chambre à air Mais on le retrouva tout roide Métamorphosé en glaçon Il venait de trouver le son De la musique de chambre (...)

Taenia Solium

Cette chanson a été écrite spécialement pour la compilation éponyme, dont 2000 exemplaires ont été distribués gratuitement.
Je veux vous parler d’un horrible animal Qui s’établit dans l’appareil digestif Sans scrupule aucun cet hôte intempestif Choisit d’habiter mon tube intestinal
J’reviens du labo j’ai fait les analyses Je suis effondré l’diagnostic est formel Un ver solitaire a posé ses valises Dans un des recoins de mon intestin grèle
En mangeant du porc on prend parfois des risques Moi j’ai mis le (...)