Il y a des gens qui font de la peinture,
des gens qui font de la littérature,
des gens qui font du gratin de chou-fleur.
Moi je fais une tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs.

Si ma musique reste au stade d’ébauche
et que je joue sans bouger la main gauche,
c’est que je suis cloué par la douleur
de ma tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs.

Des trucs banals deviennent difficiles :
mettre un t-shirt, écouter un vinyle,
taper sur un clavier d’ordinateur,
avec ma tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs.

On m’a donné plein de médicaments :
des antalgiques, des pommades, des calmants,
et pourtant elle se porte comme une fleur,
ma tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs.

Je me force à penser à un bouquet de roses,
une paire de fesses ou un radiateur,
mais j’ai du mal à penser à autre chose
que ma tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs.

Touchez vingt mille francs en passant par la case départ,
touchez la fourrure douce et chaude du guépard,
touchez le public grâce à vos talents d’orateur,
mais par pitié ne touchez pas ma tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs !